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 Noctis

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Noctis


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Magie : 23
Soin : 14

Shadow Dancer

Mar 22 Sep - 16:46
Noctis Mac Aislingid
ATTAQUE
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DÉFENSE
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MAGIE
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SOIN
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VIE
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« People think that I must be a very strange person. This is not correct. I have the heart of a small boy. It is in a glass jar on my desk. »

✦ Nom : Mac Aislingid
✦ Prénom : Noctis, autrefois surnommé par ses pairs : Athaba (L'ombre meurtière de la nuit), Essurad (Homme sans terres) ou Idál (Homme mauvais).
✧ Âge : 33 ans.
✦ Groupe : Rogue.
✧ Rang : Shadow Dancer
✦ Type d'arme : Dagues et autres poignards.
✧ Type préféré de combat : Un mélange d'adresse, de précision, de manipulation et d'art. Une danse meurtrière, porteuse d'ombres inquiétantes et d'illusions trompeuses. Lors d'un combat contre Id Essurad, rien n'est jamais ce qu'il a l'air d'être.
✦ Pouvoir spécial : Noctis possède le mystérieux pouvoir des illusions. Elles peuvent être visuelles, auditives, olfactives, tactiles ou même influencer le goût. Également, ses illusions ciblent l'environnement lui-même et non pas des individus en particulier. Ainsi, s'il crée un mirage, tous le verront de même manière. Pour conclure, après des années de pratique, il est capable de créer des illusions influençant différents sens simultanément. Toute illusion se dissipe s'il perd connaissance ou s'il n'est plus en présence de ladite illusion.


Tu sais, j'ai tout un Caractère;

L'on peut passer une vie entière à côtoyer quelqu'un et pourtant, un beau matin, on peut réaliser que notre bon ami de toujours était en fait un étranger. Une réalisation qui nous prends de revers, que ce soit du à un simple manque d'attention ou, dans d'autres cas, à d'habiles mensonges et autres subterfuges. Néanmoins, il y a une autre possibilité, plus irrégulière celle-là. Si l'on ne connait pas l'homme qui nous fait face, c'est peut-être simplement à cause de son tempérament changeant et imprévisible, mystérieux. Des esquives calculées, des réponses qui ne sont jamais données. Rien de plus qu'un arrière-goût amer et une main qui se referme dans le vent. Pourtant il ne manque pas de voix, oh ça non. Il parle, encore et toujours, comme si le son de sa voix était la plus belle musique qui soit. C'est un véritable culte du soi, un narcissisme dynamique et engagé, passionné. L'on pourrait croire qu'il se livre ainsi, mais ce serait le sous-estimer. Son esprit est vif, ses manières ne sont que poudre aux yeux et ses manigances habiles. Un double-sens n'attend pas l'autre, vous laissant victime d'interrogations soudaines, sans pourtant vous laisser l'occasion d'y réfléchir. Suivant un rythme bien à lui, fourbe et irrégulier, surprenant, il mène la danse et vous guide. Il vous fait voir seulement ce qu'il veut que vous remarquiez, rien de plus et rien de moins, comme un magicien. Pourtant il est tellement détaché, si indolent, insouciant. Serait-ce une simple et grotesque farce? Voilà une question légitime et c'est là tout le piège de l'homme.

Il s'amuse dans tout ce qu'il fait, lance un défi par ci par là, s'esclaffe d'une image amusante et emprunte une bouteille de rhum quelque part dans son passage. Il évolue comme si les règles ne s'appliquaient pas vraiment à lui, mais sans pour autant chercher à les enfreindre délibérément. Il a seulement l'air d'un enfant, au final. Un bien grand garçon au sourire charmeur et à la réplique facile, je vous l'accorde, mais ce n'en est pas moins un gamin. Lorsque quelque chose pique sa curiosité, il devient fasciné, impliqué et motivé. Le reste n'importe plus et, tout autour, le monde n'existe plus. Individu d'action et de réalisation, ses envies égoïstes sont des ordres impérieux et inéluctables. L'esprit enclin à la créativité et à la recherche de nouveauté, le danseur s'amuse à l'expérimentation. Il essaie, il échoue, il en rit et il recommence, un peu plus joyeux qu'avant. L'abandon n'existe pas, du moins pas tant que son intérêt n'a pas changé, fluctuant comme le vent. Comme quoi sa rigueur n'a d'égale que son inconstance. Imprévisible, il s'impose comme il fuit, sans jamais prévenir. Il est une surprise inattendue, un cadeau empoisonné que l'on regrette de trouver dans sa cuisine à quatre heure du matin après trois mois d'absence inexpliquée. Une vie sans attaches, voilà ce qu'il a entreprit de traverser, après que la décision lui ait été imposée.

Pourquoi une telle psyché? Pourquoi tant de distance dans son regard doré? Pourquoi si peu de soin pour son prochain, de sincérité? Vous pouvez toujours courir, le secret est gardé à jamais, comme tous les autres. Étonnamment distant, il ne se livre jamais, conserve ses peines et ses doutes dans les confins de son esprit. S'il souffre, ce sera en silence. S'il a peur, ce sera loin des regards. Solitaire, son monde est clos et étanche, lointain. C'est hors des feux de la rampe qu'il chérit véritablement, là où il le peut. Les choses du passé sont celles qui ne manquent jamais d'agiter son coeur. L'odeur du thé, le parfum de certaines bougies, un air familier, le son de la pluie sur les toits, le murmure d'une foule juste avant une grande représentation. Tant de détails qu'il voudrait enfermer dans de petites boites et les emporter avec lui, sans regrets, pour être leur seul possesseur. L'homme voit le monde ainsi, en objets qui sont siens ou ne tarderont plus à l'être. Que ce soit quelque chose d'aussi simplet qu'une dague ou un manteau ou bien, de façon plus choquante, un autre être, il n'y a pas de différence. Lorsque c'est à lui, ce l'est. Personne d'autre ne peut y toucher, sous peine de représailles terribles. Soyez en d'ailleurs avertis, il ne s'agit pas ici d'une simple figure de style. L'homme sans terres est dangereux.

Il est curieux, ne l'oubliez pas, et il adore jouer. Dépourvu des notions les plus élémentaires de respect de l'autre, c'est au fil d'années d'entraînement qu'il est devenu l'être le plus sadique de Solaistír. Autrefois en tête de la division de l'intelligence et de l'information au sein des Shadow Dancers, maître interrogateur de cette sombre famille, son titre en dit long sur ses passes-temps. Si seulement ce n'était que cela, le pire aurait sans doute pu être évité. Cette créature de la nuit ne connait pas la loyauté, ne connait pas le sens du dévouement. Égoïste et centré sur lui-même, le mensonge est un ami de tous les jours, sans distinction aucune selon l'interlocuteur. Il y a lui et il y a les autres, ni plus ni moins. Seul sur son trône, à ne régner sur rien du tout. Fourbe comme un serpent, ricanant comme une hyène, pitoyable et seul, rongé de remords qu'il dissimule derrière ses longs sourires venimeux. Le meilleur conseil que je puisse vous donner, c'est encore de passer votre chemin.

C'est mon passé qui m'a forgé comme je suis;



Tristis Metropolis.

Je suis né dans un monde où la pluie tombe continuellement. Un endroit où le bruit régulier des larmes sur les toits nous accompagne tout au long de chaque jour et au creux de chaque nuit. Si certains peuvent trouver un pareil décor mélancolique, je me suis toujours contenté de le voir comme un endroit certes humide, mais également familier et rassurant. Les nuages couvrant le ciel tel un grand drap gris, veillant sur nous, ont toujours été source de réconfort pour moi. Mais, bien sûr, il n'y avait pas que cela. Je me souviens des grands bâtiments d'acier, s'élevant dans les airs et illuminés de torches et d'éclats cuivrés. De grandes fenêtres, donnant sur la rue animée en contrebas par le bruit des automobiles et le murmure de la vie urbaine. Majestueuse et pourtant si humble, la Metropolis était aussi douce que froide. Les vêtements y étaient chics, modernes, et mes tous petits souliers noirs étincelaient de mille feux, entre deux flaques d'eau. Je me souviens des lumières, je me souviens des odeurs, je me souviens des voix. Tout est si clair et, pourtant, si lointain.

Je me souviens de notre manoir, somptueuse demeure où je vivais avec mes parents et nos domestiques. Voyez, mon père et ma mère étaient tous deux des gens brillants, des gens innovateurs et pleins de passion, de curiosité. Le premier était un homme d'affaire de grande influence, un mage respecté dont les recherches magiques étaient reconnues par ses pairs. Il usait de ses connaissances pour améliorer la vie des citoyens et citoyennes, doté d'un sens aigu du progrès, comme tout autre homme qui se respectait. Partout où il allait, son nom était respecté et tous voulaient lui serrer la main, lui faire savoir qu'il avait contribué à changer leur vie. L'autre, pour sa part, était une femme douce et talentueuse, une artiste illusionniste dont le don consistait à faire rêver le monde. Elle n'avait pour seul médium que son imagination débordante et sensible. Ses artifices se comptaient par milliers, tous plus grandioses les uns que les autres, et elle savait s'en servir avec magnificence. Des images, des formes, des odeurs, des sensations, des bruits et des impressions, rien n'était jamais en trop. Le grand théâtre était plein, pour elle, presque chaque soir. C'était une vie belle et riche, rutilante et rapide, moderne, le tout sur ce même fond de pluie délicate et de froissements d'imperméables.

Lorsqu'il fut découvert, dans ma plus petite enfance, que je partageais les dons de ma génitrice, mon chemin sembla tout tracé. Je devais marcher dans ses pas, je devais reprendre le flambeau à mon tour et je m'y entraînai. Imaginatif, réceptif et encore plein d'innocence, je jouais avec elle, lorsque le théâtre était encore vide, et nous l'emplissions de rêves et de couleurs. Nous partagions, ensemble, une même passion pour la création, l'expression et l'émerveillement. Avant longtemps, je commençai moi-même à donner des représentations. J'étais l'enfant prodigue, digne héritier de sa mère. C'est une vie que j'aimais énormément. J'avais un chien, j'avais des cours particuliers, j'avais des amis, j'avais des rêves et j'avais une famille. Tout mon temps libre, je le passais à livre les gros ouvrages de mon père, dans sa bibliothèque, même si je n'en comprenais pas un traître mot. Souvent, la petite-fille de notre majordome venait m'y retrouver. Plus jeune, elle voulait que je lui fasse la lecture. C'est avec humilité que je m'y dévouais, délaissant rapidement les pages pour voguer au simple fil de mes impulsions créatrices. Comme ces moments me plaisaient. Mais ça, c'était avant.

Ils sont venus sans un avertissement, sortant du néant. C'était pourtant un jour comme tous les autres, lambda, ordinaire. Mais un destin fatal nous guettait tous. Une force ténébreuse et inéluctable qui venait pour nos coeurs, pour étendre son règne de sombre terreur. Une multitude de monstres étaient venus envahir mon monde pour le détruire, le faire s'effriter et glisser, disparaître dans les abysses. J'aurais du disparaître avec eux, ce jour là. J'aurais du m'éteindre comme tous les autres, comme ma famille et mes amis. J'aurais du sombrer dans l'oubli, disparaître comme une étoile qui s'éteint, sans que personne ne le remarque. Sauf que ce ne fut pas le cas.


Solaistír.

Le monde où j'échouai m'était étranger en tous points. J'en ignorais les coutumes comme j'en ignorais la langue ou la géographie, mais c'était loin d'être le bout de mes peines. Il n'y avait, ici, pas la moindre trace d'électricité, pas un seul lampadaire pour illuminer mon chemin une fois le soir tombé ou de téléphones, pour essayer de contacter ma famille. Perdu, mes vêtements attiraient l'attention et je subis bien rapidement la rudesse des voleurs de piètre envergure, me faisant arracher les derniers souvenirs que je possédais de mon foyer. Seuls ma chemise, mes pantalons et mes sous-vêtements m'avaient été laissés pour la simple et bonne raison que, vu leur gabarit, mes assaillants n'auraient rien gagné à les prendre. Affamé, déboussolé et détroussé, je balbutiai des mots latins aux vendeurs ambulants, sur le marché, mais sans succès. Je n'étais pas le premier mendiant qu'ils voyaient et hors de tout doute pas le dernier. Ma langue étrange n'était certainement pas ce qui allait les émouvoir. Ma situation désespérée, j'en vins à enfreindre, pour la toute première fois de ma longue vie d'incartades dans le territoire de l'immoralité, les strictes principes que mon père m'avait transmis au sujet du bien et du mal. Usant de mes dons d'illusionniste, je commençai à voler, effrayant les marchands avec le mirage de chimères d'ombre empruntées à la journée de cauchemar qui avait sonné le glas de mon ancienne vie. Ce que j'ignorais, à l'époque, c'est qu'il y avait bien pire que de simples créatures, dans les ténèbres de Solaistír. De sa face cachée, c'était les Shadow Dancers qu'il fallait vraiment craindre.

La rumeur de mon existence leur était nuisible comme une épine dans le pied. Pour leur bien, je devais disparaître. Un problème demeurait toutefois : ils ignoraient qui j'étais et, surtout, ce que j'étais. C'est ainsi qu'elle vint à moi, parfaitement entraînée, meurtrière et élégante avec sa chevelure de feu et ses joues tachetées de rousseur. Dans le doute, valait mieux s'assurer d'un travail bien fait, après tout. Le combat, s'il mérite seulement cette appellation, fut à sens unique. Certes, je savais tromper ses sens, mais c'était loin d'être suffisant et, avant longtemps, je sombrais dans l'inconscience. Pourtant, je n'avais pas peur. Quelque part, j'avais toujours l'espoir que cela me permettrait de rejoindre les miens, qu'importe l'endroit où ils étaient, cela vaudrait mieux qu'une vie d'errance et de famine. Si mon voeu fut exaucé, ce ne fut pas de la façon dont je l'avais espéré. Ma véritable forme révélée, la femme n'avait pas pu m'achever, pas un enfant si jeune. C'est ainsi que je devins Noctis Mac Aislingid an Solaistír, son élève et, selon certains, son fils. De mon ancien monde, je n'aurais plus à chérir que mon prénom.

La dame de brume m'apprit tout ce dont j'avais besoin. Elle m'ouvrit les portes d'un monde que je n'aurais jamais pu imaginer. La danse, les ombres, la vie. De longues années passèrent en leçons strictes, mais ô combien instructives. Je devins l'un des leurs, achevant ma formation à dix-huit ans, soit près de neuf ans après mon arrivée. L'homme fourbe et déloyal que je suis ne s'est forgé qu'au fil des années qui suivirent, encouragé par une jalousie sourde et grandissante qui me conduisit jusqu'au rang de chef de la branche des informateurs, un poste dont j'allais abuser afin d'accomplir de sombres desseins. Les mirages et autres faux-semblants faisaient ma réputation, tout comme le plaisir malsain que je prenais à faire cauchemarder autrui, à défaut de les faire rêver comme autrefois. Après plus de seize années passées dans ce monde, j'allais trahir la confiance de tous en la poursuite d'un but égoïste et inavoué. La vie ne serait plus jamais la même à Solaistír, par ma faute. Une fois cette suite d'événements destinés à s'enchaîner en crescendo dangereux lancée, il ne fallut que quelques semaines avant que le glas ne sonne sur ma vie, pour la seconde fois.


Traverse Town.

Autrefois, on m'a offert une sage parole voulant que le monde soit un cycle. Une roue qui tourne et qui, sans cesse, reviens au même point. Il m'est difficile, au moment où j'écris ceci, de ne pas y penser et me dire qu'il y avait, peut-être, un peu de vrai au fond de tout cela. Pour la seconde fois, c'est faible et désorienté que j'ouvris les yeux dans un lieu inconnu. Tout autour de moi tombaient de longs cheveux à la couleur de la suie, gage du mal que j'avais semé dans mon sillage. Ma magnifique chevelure de neige ne serait plus qu'un souvenir distant, un rêve parmi les autres, un mirage à jamais. Ce fut la première chose que je remarquai, la première que je réalisai avant d'ouvrir la bouche, désemparé, et de réaliser que les odeurs n'étaient pas celles de Solaistír. Juste ensuite, je réalisai que la pièce où je me trouvais n'était pas éclairée par la lumière filtrant par la fenêtre, mais pas non plus par une bougie. Il y avait une lumière artificielle. Je n'avais plus vu un interrupteur depuis plus de quinze ans. J'ai voulu me lever, pour aller y toucher, l'allumer et l'éteindre, mais une petite voix furibonde m'a stoppé net, un joyeux accueil dans le royaume des gens conscients.

La demoiselle m'ayant recueilli s'appelait Lumen. Après tout ce temps à roder dans les ténèbres, les mirages et les mensonges, je trouvais la lumière. Ma bienfaitrice m'offrit à manger et me traita avec beaucoup de respect et de gentillesse, bien que j'eu du mal à m'en soucier. Un peu effacé, je n'étais plus le même qu'autrefois. C'est au troisième jour que Lumen vint s'asseoir au bout du lit, un sourire triste sur son joli visage entouré de cheveux dorés. Elle m'apprit que je me trouvais dans une ville nommée Traverse Town et que, très probablement, mon monde avait du être avalé par les ténèbres. C'était la façon la plus plausible d'expliquer que je me retrouvais ici et dans cet état. Je me gardai bien de lui dire que je le savais et que je n'étais pas impressionné, ou à tout le moins pas autant que je ne l'aurais du. C'était tout de même ma seconde fois, ne l'oublions pas. Mais ne m'avaient-ils pas accueillit comme l'un des leurs? Cela ne comptait-il pas? Je ne le savais plus trop, honnêtement. Mes réflexions avaient du mal à s'enchaîner et la seule chose qui me revenait, en pensées fugaces et harcelantes, c'était le regard qu'Aisling m'avait jeté, lorsque j'avais eu l'ordre de me tenir sur son chemin.

Au final, je suis resté chez la blonde, un peu par dépit, beaucoup par indifférence. Maintenant que j'étais remis physiquement, il fut convenu que je m'occuperais des tâches physiques et de sa protection, d'autant plus que je devrais lui servir d'assistant, si d'autres patients venaient à avoir besoin d'elle. Haussant une épaule, j'acceptai distraitement avant de continuer à jouer avec les rouages d'une montre à gousset que j'avais achetée en ville, fasciné par cette redécouverte. Les semaines se sont succédé pour bientôt devenir des mois. Même si j'étais toujours aussi distant, elle ne manquait pas de me revenir avec ses joues rosées et son grand air illuminé. Toujours pleine de tendresse, de douceur, la jeune femme me rappelait beaucoup ma mère, celle que j'avais perdue tant d'années plus tôt. Elle me raconta comment son propre monde avait été détruit, lorsqu'elle avait seize ans. Arrivée ici avec rien d'autre que ses talents pour la magie blanche, la demoiselle avait réussi à s'installer avec l'aide d'autres habitants et, de fil en aiguille, avait fait une vocation d'accueillir temporairement les gens qui connaissaient le même sort. Au moment où elle me fit toutes ces révélations, Lumen n'avait en fait que dix-neuf ans. Voyant que mon visage restait plutôt passif, malgré mes efforts, elle secoua sa longue chevelure en disant que cela importait peu, de toute façon, avant de repartir se servir un nouveau bol de soupe.

Un soir de la troisième année, elle m'interrogea sur mes cauchemars récurrents, sur ce nom que je prononçais en dormant, comme un aveu inconscient. Aisling, le nom d'une autre femme. La seule qui avait jamais compté. Blessée, mais décidée à m'aider, Lumen m'invita à me livrer à elle. Je le fis. Je lui parlai de l'homme que j'avais été, de ce que j'avais fait. Des souvenirs voguaient en mon esprit, si lointains qu'ils me paraissaient faux, mais pourtant. Je savais ce que j'étais. Plus jamais son regard ne se poserait sur moi avec affection. Plus jamais ses doigts ne viendraient courir sur ma peau en caresses désintéressées. Plus jamais son chemin ne croiserait le mien sans qu'elle soit effrayée. En la voyant se tasser sur sa chaise, presser ses mains les unes contre les autres et battre des cils pour retenir ses larmes, j'eu une vague impression de déjà vu. Oui, j'avais déjà vu les traits d'une multitude de gens se décomposer par ma faute, assis devant moi, le regard fuyant et le coeur emplit de douleur. Dans une autre vie, je n'avais fait que ça et j'y avais même pris un malin plaisir, mais ce n'était pas le cas cette fois, loin de là.

Pourtant, c'est lorsqu'ils touchent juste que les cauchemars semblent s'acharner le plus, tel le sel sur une plaie. Oh, comme j'en avais utilisé, du sel. Bientôt, le bruit se joignait à l'imaginaire et des plaintes d'un autre temps montaient dans tout l'appartement, implorant la délivrance en la langue de Solaistír. Lumen s'était relevée d'un bond, mais je ne le vis pas, la tête basse, les yeux clos et les mains serrées à mes tempes. Si je regardais, je savais que je les verrais. À son cri, je compris que la mage blanche le pouvait déjà. Quelque chose, je devais faire quelque chose avant qu'il ne soit trop tard. L'odeur, oh, l'odeur de chair qui brûlait. Assez, c'est assez, me dis-je en cherchant désespérément une solution. Relevant mon regard désolé vers Lumen, ce n'est pourtant pas elle que je vis. Là où elle se tenait, trois silhouettes familières semblaient se superposer, lutter pour la place alors que la blonde regardait ses mains, ses cheveux, même ses vêtements. Comme moi, elle pouvait percevoir mes hallucinations, mes illusions. Ce sont trois regards qui me regardèrent, blessés. Lumen, Aisling, Mater. Les lèvres tremblantes, les femmes de ma vie me demandèrent si je les aimais elles. Bien sûr que si, bien sûr, je crois. Mais si je l'avouais, je savais ce qui se passerait. Je savais, parce que dans une autre vie, je n'avais fait que ça. On les retrouverait, on la retrouverait, et ce serait à son tour, à cause de moi. Je ne pouvais laisser faire une telle chose.

Bien sûr que non. Telle fus la réponse que je lui murmurai, mon regard de miel verrouillé au sien avec tout le sérieux du monde. Et je n'en ressentis pas la moindre culpabilité, lorsqu'elle s'effondra en sanglots en me criant de disparaître de sa vue. Très bien, c'était exactement ce que je ferais. Pourvu que cela suffise à la protéger. Peut-être, pour une fois, aurais-je réussi à faire ce qui était bien.


Port Royal.

Je quittai Traverse Town à l'aide de la magie que l'on m'avait apprise, en pas de danse obscurs et précis, catalyseurs d'une plus vaste puissance. À partir de ce jour, je devins vagabond, parcourant les mondes en touriste et n'y restant jamais plus d'un mois. J'étais devenu libre comme le vent, sans attaches. Toujours hanté par mon passé, j'avais pourtant pris le parti de le fuir, comme j'avais décidé de fuir Lumen pour sa protection. Mais qui protégeais-je vraiment cette fois? N'était-ce pas que simple désir égoïste et enfantin, celui d'échapper aux conséquences de mes actes, me justifiant pourtant en clamant que, de toute façon, elle était plus heureuse sans moi? Peut-être que si, peut-être que non.

Toujours est-il que je découvris des endroits dont je n'aurais jamais pu soupçonner l'existence. Des mondes où l'on fêtait les non-anniversaires, d'autres où la jungle s'étendait à perte de vue, certains entièrement régis par des animaux. Je découvris même de belles villes, de grands châteaux, il y en avait pour tous les goûts. Mon monde favori, toutefois, en était un beaucoup plus près de Solaistír, tout en demeurant très différent. Il s'agissait d'un monde au sein duquel seule la liberté comptait. Même si je cessais de voyager entre les mondes, je pourrais voyager ici et, dans toute la foule des pirates, me faire oublier et vivre une autre vie. Ne restait plus que la mer, le rhum et le claquement du vent dans les voiles. En leur compagnie, je retrouvais un peu de moi. Ma répartie me revenait, mon envie d'indiscipline s'insinuait sous ma peau et, alors que je prenais en assurance, mon égo lui aussi reprenait ses droits. Comme quoi je n'étais pas si étranger que cela aux pirates qui peuplaient le monde de Port-Royal et, pour une quatrième vie, ce n'était pas si mal, me disais-je un soir en parcourant l'île de la tortue en compagnie de camarades d'aventure. Les festivités furent rapidement interrompues lorsque, dans une petite ruelle que nous empruntions souvent pour rejoindre plus rapidement notre taverne favorite, un nuage de brume blanchâtre nous barra la route. Les marins, paniqués, scandaient que la dame de la brume devait avoir passé par ici, qu'il fallait partir avant qu'elle ne jette son dévolu sur nous. Pour ma part, je m'avançai, effleurant la brume du bout des doigts, laissant les souvenirs se rappeler à moi.

Elle était ici, quelque part, et elle tuait toujours. Si je voulais la retrouver vraiment, je le pouvais. Je savais très exactement quoi faire ou ne pas faire. C'était l'une des choses que je faisais le mieux, trouver ce que je désirais. Ce pourrait être dangereux, pour elle, me dis-je d'abord. Non, ce le serait pour moi. Peut-être le serait-ce pour nous deux. Pourtant, je su à cet instant que je le devais. Sous l'oeil incrédule des autres hommes, je fis un pas dans la brume, puis un autre, accompagné d'un mouvement des bras, enchaînant d'un simple tour, faisant se dresser autour de moi les ténèbres qui vinrent m'engloutir. Le jeu s'achevait, la chasse débutait.

Lorsque sonna l'heure des retrouvailles, le choc fut grand, d'un côté comme de l'autre. Elle avait tant changé que je me demandai si la femme n'avait pas subit un sort similaire au mien et, en vérité, elle n'en était pas si éloignée. Je devais faire quelque chose et je savais précisément quoi. À ma manière, je la protégerais. Si les Shadow Dancer faisaient mine de nous retrouver, je n'aurais qu'à les conduire sur une fausse piste, tout simplement. N'étais-je pas un maître de cet art et, surtout, des moyens employés par ceux qui étaient autrefois les miens? Voilà ce que je me dis, pour me convaincre qu'il n'y aurait pas de risques pour elle. Pas plus qu'il n'y en avait déjà, à tout le moins. Depuis, la vie oscille pour moi entre visites à la dame de brume, aventures nautiques et fausses pistes disséminées dans d'autres mondes plus distants, expliquant mes absences occasionnelles et toujours imprévisibles. Je crois qu'elle n'a pas remarqué que ce n'est plus moi, plus vraiment. Cela me convient, je dois l'admettre. Je continue à dissimuler ma chevelure d'encre sous le mirage de la neige, je continue à lui sourire avec la même malice qu'autrefois et, en sa compagnie, ma noblesse me revient elle aussi, peu à peu. Aussi aberrant que cela puisse paraître venant de moi, je crois n'avoir jamais été un meilleur homme qu'aujourd'hui. Chaque malheur apporte son lot de réconfort.

J'ai quelques particularités, vous savez;
Ah, des particularités. C’est toujours ma partie préférée, puisque bon, en toute franchise, il n’y est pas un seul détail de ma personne qui ne soit pas particulièrement unique. Voyez, c’est que je m’y emploie avec un zèle dévoué et passionné. Remarque, je dois avouer que le fait de posséder un riche don pour les illusions n’est sans doute pas étranger à mes fantaisies esthétiques, mais ce n’est que détail. Le vrai secret, selon moi, ne réside pas dans ma longue chevelure tantôt de neige, tantôt d’encre. Ce n’est pas non plus mon regard incandescent, joyaux d’or fondu, pierres de caramel, torrent de miel, toujours perçant et malicieux. Non, la vérité, c’est que mon attitude fait toute la différence. C’est le petit quelque chose qui ne change jamais. L’impression qui reste toujours là, peu importe mon incarnation du jour. C’est un pas noble et fier, une posture altière, un sourire en coin moqueur et des manières fines, aiguisées, mais empreintes de mise en scène. La malice est ma marque de fabrique, mon sourire ma signature. Perpétuellement déconcertant, c’est sans doute cette aura de malfaisance inquiétante, mais joueuse et impérieuse, qui vous marquera plus que tout, sans trop que vous ne puissiez mettre le doigt dessus.


Et derrière l'écran, tout est différent;
Plopiplop! Je suis une revenante de RoD et j'ai ramené avec moi le grand méchant troll éternel, parce qu'il en a encore beaucoup à faire, des mauvais coups. Niveau KH j'ai joué à l'équivalent de Kingdom Hearts 1,5 hd remix, j'avais commencé le 2,5hd remix, mais ma PS3 a décidé de rendre l'âme en cours de route alors, bah j'attends avec impatience de pouvoir le terminer, du coup je n'ai jamais terminé Kingdom Hearts 2. Sinon je fais du rp depuis super longtemps alors j'ai pas trop envie de compter, pour pas me sentir vieille et, comme plusieurs ici, j'habite la terre de la poutine, du sirop d'érable et du hockey. Voilà voilà <3


I've been around the world and never in my wildest dreams would I come running home to you. I've told a million lies but now I tell a single truth, there's you in everything I do ~
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Aqua


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Keyblade Master

Mar 6 Oct - 16:31
Validation!


J'aime chaque parcelle de cette histoire et les secrets qu'elle contient. Noctis, ce foutu Noctis, ce pauvre Noctis. On vient à ne plus trop savoir s'il faut l'apprécier ou le détester.

Il a juste besoin d'amour.

Et d'une bonne gifle.

Tes statistiques
Rang :Expert
Points de vie : 210
Attaque : 20
Power Attaque : 25
Magie : 23
Power Cast : 31
Défense : 20
Soin : 14
Curaga : 14

Tu peux maintenant...
www. Recenser ton avatar;
www. Faire ta fiche de relations;
www. Demander des rps;

Et surtout, n'oublie pas d'aller voter et de flooder, ça aide beaucoup nos statistiques!
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Noctis
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